L'obsession de la réalité transparaît dans les photos de Walker Evans

Talents - Article - Lundi, 20 Octobre - 13:45

Walker Evans, photographie, photojournalisme, Grande dépression, Etats-Unis

Walker Evans

Walker Evans fait aujourd’hui autorité dans le domaine du photojournalisme. Ce photographe américain a marqué les esprits avec son travail sur les conséquences de la Grande Dépression sur les fermiers du Sud des Etats-Unis. Les portraits qu’il a réalisé ont marqué ses contemporains et ont fait son succès. Dédaignant les photos de paysages, Walker Evans s’est consacré aux hommes. Il a immortalisé des inconnus dans le métro de New-York ainsi que des métayers de l’Alabama, son travail reflète son attachement à se servir de la photographie pour représenter les difficultés de son époque.

 

Walker Evans décrit les difficultés économiques de son temps 

 

Walker Evans est un artiste qui se trouve au carrefour entre le portraitiste et le photojournaliste. Ses photographies les plus connues sont celles de fermiers du Sud des Etats-Unis dans les années 30. Alors que le pays connaît la plus grave crise économique de son histoire, Walker Evans s’attache à décrire le quotidien des fermiers et métayers du Sud pour qui les conséquences économiques sont particulièrement graves. Avec d’autres photographes, il est envoyé dans le Sud par le gouvernement américain pour rapporter les difficultés rencontrées par les hommes et les femmes qui peuplent cette partie du pays. Son travail est édifiant, il réalise des portraits de personnes subissant de plein fouet la crise économique.

 

Photo de Walker Evans

 

Il se distingue de beaucoup de ses confrères car il refuse le romantisme et n’a aucun intérêt pour les paysages. Walker Evans est attiré par l’humain, il utilise d’ailleurs son appareil photo pour immortaliser les habitants du Sud. D’autre part, si nombreux sont les photographes qui estiment faire de l’art, Walker Evans lui préfère voir la photographie comme un instrument de militantisme et comme un moyen de décrire la réalité qui l’entoure.

 

De la misère paysanne aux inconnus du métro new-yorkais

 

Mandaté par le gouvernement pour photographier la misère paysanne dans le cadre du Farm Security Administration, Walker Evans a réalisé plus de 1 000 portraits de paysans. Toutes ces photographies reflètent l’état des lieues de la paysannerie américaine dans un contexte économique particulièrement difficile. Le gouvernement américain n’est pas le seul à avoir demandé à Walker Evans de travailler sur ce sujet puisque le magazine Fortune lui commande également des épreuves.

 

Photo de Walker Evans

 

Si cette expérience a profondément marqué le photographe son attachement pour les personnes inconnues ne s’arrête pas là. En effet, dès 1938 il débute sa série de photographies intitulée « The Passengers ». Il commence alors à immortaliser des inconnues empruntant le métro new-yorkais. Son talent n’échappe pas à ses contemporains, la Moma lui consacre une exposition « Walker Evans : American Photographs », pour la première fois le musée consacre une exposition à un seul artiste. Le livre tiré de cette exposition devient une référence dans le milieu de la photographie.

 

De la littérature à la photographie

 

Né le 3 novembre 1903 à Saint Louis, rien ne prédestinait Walker Evans à devenir un grand photographe. Issu d’une famille aisée du Midwest, il a vécu à Toledo, Chicago et New-York. En 1919, ses parents divorcent et le jeune Walker Evans est alors envoyé dans un pensionnat dans le Connecticut. Après son diplôme à la Philips Academy en 1922, il commence ses études de littérature au Williams College. Passionné par la littérature française, il se destine à une carrière d’écrivain. En 1923, il part s’installer à New York où il passe trois ans durant lesquels il se consacre à l’écriture de nouvelle. Son amour pour la littérature française le pousse à quitter New York pour Paris où il entreprend des études à la Sorbonne.

 

Photo de Walker Evans

 

Au final, Walker Evans ne passe qu’une année sur le vieux continent. Il rentre à New York en 1927 et travaille à traduire des auteurs français. Alors qu’il tente de raconter les difficultés économiques que traverse son pays, Walker Evans se rend compte de ses limites en tant qu’écrivain. C’est à ce moment qu’il se prend d’affection pour la photographie et décide d’acquérir un boitier. Si ce dernier n’est pas parvenu à décrire son époque à travers la littérature, il va s’y employer en utilisant la photographie.

 

Photo Walker Evans

 

Pour commencer il prend en photo des ponts et des immeubles mais cela ne lui suffit pas. Parce qu’il rejette le romantisme en photographie, il en vient rapidement à reprendre son idée de travailler sur la réalité qui l’entoure et ce à travers la photographie. Son talent n’échappe pas aux grands magazines de son époque, il travaille pour Fortune mais aussi pour Time. En 1965 il devient professeur de photographie à Yale. Walker Evans s’est éteint en 1975, durant toute sa carrière de photographe il a voulu photographié les laissés pour compte et a réalisé des portraits poignants.

Walker Evans, photographie, photojournalisme, Grande dépression, Etats-Unis
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